VIDEO. Les chats massent-ils réellement leurs congénères ?

VIDEO. Les chats massent-ils réellement leurs congénères ?
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A première vue, on pourrait croire que les félins essaient de soulager leurs compagnons. Pourtant, il n’en est rien, et cette conception est le produit de l’anthropomorphisme.

 

Ces images de chats pétrissant allègrement le dos de leurs compagnons sont indubitablement attendrissantes. Mais avons-nous raison de penser qu’ils sont en train de faire des massages ? Non.

Il est aisé de comprendre d’où vient la méprise : les scènes semblent refléter un bonheur idyllique, et le geste est exactement le même que celui que nous pourrions avoir dans pareille situation. Toutefois, cette pratique n’a rien à voir avec un massage : il s’agit d’un geste que les vétérinaires appellent “pétrissage”, et qui vise, à l’origine, à faire venir le lait des mamelles de leur mère lors de l’allaitement.

Favoriser la montée du lait

L’anthropomorphisme est un vilain défaut et prêter aux animaux des attitudes humaines peut parfois les desservir, notamment d’un point de vue idéologique. Les animaux ne sont alors plus considérés comme des individus à part entière mais comme des réplicats d’humains que l’on perçoit à travers notre propre vision du monde. Bien comprendre un animal, c’est peut être le respecter plus encore que de l’associer à des pratiques qui ne sont pas les siennes.

Comme l’expliquait à Sciences et Avenir en 2014 le vétérinaire Cyril Joly, il s’agit de ce qu’on appelle le comportement de pétrissage. À l’origine, les chatons malaxent les mamelles de leur mère lors de l’allaitement. C’est un comportement qu’ils acquièrent dans les trois premières semaines de leur vie. Ce mouvement de pression des pattes favorise la montée de lait pendant la succion.

Pourquoi, alors, le faire sur d’autres individus que la mère – que ce soit un chaton, un humain ou même parfois un coussin ? Lors de la tétée, la mère sécrète de grandes quantités de phéromones, ces hormones apaisantes qui plongent le chaton dans un état de bien-être caractéristique.

Rapidement le chat peut associer ce comportement de pétrissage à toute situation particulièrement agréable, où il retrouve un peu de ce bien-être de nouveau-né. Cette attitude est comparable, par exemple, à celle d’un enfant qui suce son pouce, conscient que nul lait n’en sortira, mais faisant appel, inconsciemment, à des souvenirs apaisants.

Les félins de la vidéo sont donc dans une situation extrêmement agréable – les bruyants ronronnements l’auraient laissé deviner -, mais nul concept s’approchant du massage n’entre en jeu.

 

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8 septembre 2016 / pour / dans

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