Vesoul : un abris pour chat libre détruit par le feu ?

Vesoul : un abris pour chat libre détruit par le feu ?
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Un site de nourrissage pour chats libres entretenu par l’Association saônoise de protection animale a été détruit par un incendie dans la nuit de dimanche à lundi, à Vesoul. Une plainte a été déposée.

 

«Ils m’ont enlevé mon seul plaisir. Quand j’ai appris qu’il y avait eu le feu dans les cabanes, j’en ai chialé », rapporte Chantal, alerte septuagénaire pour qui l’origine volontaire du sinistre ne fait aucun doute. Ce que l’enquête ouverte par les policiers devra toutefois déterminer.

Depuis une dizaine d’années, cette habitante du quartier des Rêpes prend quotidiennement le VBus, « sauf les dimanches et jours fériés », pour se rendre au centre-ville de Vesoul. Plus précisément sur un des sites de nourrissage pour chats libres gérés par l’Association saônoise de protection animale (Aspa 70) avec le soutien de la municipalité. Une heure à passer avec la vingtaine de félins habitués des lieux. Mais ce lundi, peu après minuit, un incendie a tout dévasté. Les six niches en bois et les deux d’alimentation, dotées de distributeurs, sont parties en fumée ; les deux en plastique, qui abritaient les réserves de nourriture, de médicaments et des couchettes, ont fondu.

« Les couvertures venaient d’être changées. On est dégoûtés, écœurés », commente Annie Marchal, vice-présidente de l’association créée en 2009 avec plusieurs objectifs : sauver et recueillir les chats (abandonnés-maltraités-errants), fournir les soins nécessaires, identifier, stériliser, faire adopter sous contrat les plus sociables et, ainsi, éviter leur prolifération.

Des cendres sous un saule pleureur

Contre le mur de soutènement situé derrière le bâtiment de la trésorerie générale, il ne reste que quelques tas de cendres au-dessus desquels le feuillage d’un saule pleureur n’a pas été épargné par les flammes qui ont aussi transformé un sapin en noir squelette. « Financièrement, nous n’avons pas les moyens de tout remettre en état », précise Pauline, « bénévole secrétaire, famille d’accueil… » qui a immédiatement lancé un appel aux dons et aux bonnes volontés. Abris, palettes en bois, bâches, visseries, tôles en zinc ou en alu, plaids… En fin d’après-midi, une chaîne solidaire s’est mise en marche pour le relogement et la nourriture des chats.

Entraide, mais aussi colère. Les paroles se libèrent. Parfois de manière virulente. Pêle-mêle, les bénévoles citent les incivilités dont aurait été victime l’Aspa 70 au cours de ces derniers mois : des cas d’empoisonnements, des chats écrasés volontairement, des vols de croquettes, des excréments renversés sur les abris… Jeudi 20 octobre, Chantal a déposé plainte. La veille, elle se trouvait « sur ce terrain affairée à nourrir les chats. Assise sur une chaise, j’ai entendu le bruit d’une détonation […]. Je me suis mise à hurler », explique-t-elle dans sa déposition, précisant qu’un point d’impact « apparaissait sur le toit d’une des niches. Le plomb a été découvert dans la couverture ».

Quatre plombs dans le corps

S’ils ont a priori tous pu échapper à l’incendie, les chats ont été rendus craintifs. « D’habitude, il vient dans nos bras », soupire Chantal en montrant du doigt Sushi, citant Zinc-Zinc, « le commandant », ou Cocotte, « la discrète aux poils un peu crème ». Mais c’est surtout Zingou qui la préoccupait. Il y a un mois, « il présentait une blessure au niveau de la hanche. Il boitait et nous avons constaté qu’il avait un trou dans la chair… ». Hier soir, Annie Marchal a amené l’animal blessé chez un vétérinaire, où il a passé une radiographie sans équivoque. En raison de son âge élevé, Zingou ne pourra pas être opéré. Il devra vivre avec « quatre gros plombs dans le corps ».

Source : L’Est Républicain

 

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25 octobre 2016 / pour / dans

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