Tribunal de Blois. Il achève son chien au couteau un an de prison

Tribunal de Blois. Il achève son chien au couteau un an de prison
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Un jeune chien était devenu le souffre-douleur de Thomas, jusqu’à en mourir. Mais ces actes de cruauté sont désormais passibles de prison.

Les images soulèvent le cœur. L’avocate de la SPA de Salbris, Me Sandrine Audeval, brandit les photos de l’animal retrouvé vidé de son sang dans le salon de son propriétaire. Toute la salle et les magistrats ont la gorge nouée. C’est l’histoire d’une histoire sans une once d’amour. Une histoire où un jeune chien devient le souffre-douleur de Thomas, 29 ans, un maître dans la toute puissance.

Son casier judiciaire est couvert de condamnations pour violences, certaines prononcées très tôt par le tribunal pour enfant. C’est l’histoire affligeante d’un petit martyre qui gémit sous les coups tous les jours, à en rendre malade les voisins. Témoins malheureux et impuissants derrière leur cloison. Devant une barre vide, le président du tribunal, Denis Dabansens, relate le calvaire du jeune american staff battu à coups de pied, de poing. Et de barre de fer. Et de martinet. Et aspergé à l’eau javel. Tout ce qui tombe sous la main de son tortionnaire, du moment que ça peut faire mal.

Un acharnement presque indicible

Les voisins de l’immeuble alertent régulièrement la SPA, prennent même Thomas à partie pour que les coups cessent de pleuvoir. Rien n’arrête cet homme violent dont le peu d’humanité est noyée dans un alcoolisme frénétique. Seule la mort abrège les souffrances du chien ce jour de juillet 2014. L’autopsie révèle un acharnement presque indicible : sept coups de couteau dans le cou et le thorax, suivis d’une lente agonie. Accusé de sévices graves et de cruauté envers un animal domestique, Thomas s’est justifié devant les enquêteurs en parlant d’un chien « qu’il fallait éduquer pour qu’il ne fasse pas ses besoins sur le canapé ».

Me Audeval poursuit sa plaidoirie en précisant que des violences commises envers la responsable de la SPA l’ont déjà conduit en maison d’arrêt : « Rien n’a grâce à ses yeux, la violence est son mode de communication ». Elle réclame plus de 2.000 € de dommages et intérêts. L’affaire a tant ému la SPA que l’instance nationale s’est elle aussi portée partie civile dans le dossier, représentée par Me Sarah Leveque : « La société nationale dépense beaucoup d’argent pour ses campagnes de sensibilisation contre la maltraitance des animaux. Elle demande elle aussi 2.000 € de préjudice et l’interdiction pour le prévenu de détenir encore un animal ».

La vice-procureure de la République, Alexandra Pethieu, ne manque pas de mots pour manifester son dégoût : « La place de cet homme nuisible et malfaisant est en prison. Je demande une peine qui l’aide à se souvenir de ce qu’il a fait à son chien ».

Le tribunal a suivi les réquisitions, Thomas aura un an pour méditer derrière les barreaux. Il devra, en outre, verser 2.000 € à la SPA. Le code pénal a bien évolué, les actes de cruauté envers les animaux domestiques sont désormais passibles de prison.

 

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22 octobre 2016 / 1 Commentaire / pour / dans

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