Santé : Le flair des chiens bientôt utilisé pour le dépistage du cancer du sein

Santé : Le flair des chiens bientôt utilisé pour le dépistage du cancer du sein
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Les experts cynophiles collaborent avec les équipes médicales de l’Institut Curie à Paris pour un projet de recherche sur le dépistage précoce du cancer du sein. Les échantillons des patients prévoient d’être analysés par les chiens, à Magnac-Laval.

L’ancienne caserne de Magnac-Laval abrite désormais une société qui forme des équipes cynophiles pour la détection d’explosifs, armes et munitions dans les avions, aéroports et d’autres lieux publics. « Je ne suis pas originaire de la région. J’ai choisi cet endroit parce qu’il est spacieux et bien conçu pour l’entraînement des chiens », explique Jacky Experton, à la tête de la société privée.

Le projet « Kdog »Ancien militaire de carrière, il a travaillé pendant trente ans comme expert cynophile. Une expérience qui lui a beaucoup appris sur le comportement du chien et ses capacités olfactives.

Depuis ces cinq dernières années, Jacky Experton s’intéresse aux projets de recherche qui ont été menés en Angleterre et aux États-Unis pour la détection de cellules cancéreuses sur les cancers des poumons et de la prostate, dépistés grâce aux chiens. « Je cherchais un partenaire pour travailler sur ce nouveau procédé de dépistage du cancer et j’ai su que l’Institut Curie menait des recherches dans le même sens, sur le cancer du sein. Nous avons décidé de nous associer pour monter le projet Kdog. » Ce projet, mené conjointement sur Paris et Magnac-Laval, a été rendu public le 2 avril dernier à Paris.

Un dépistage
du cancer sur tissu
À l’Institut Curie, l’ensemble des équipes médicales – chirurgiens, infirmiers, chimistes, anesthésistes, chercheurs – travaillent sur le prélèvement et la reconnaissance des cellules cancéreuses des différents types du cancer du sein. De son côté, Jacky Experton devrait bientôt recevoir les échantillons de l’Institut Curie à l’ancienne caserne de Magnac-Laval, pour qu’ils soient détectés par les chiens. Aurélie Thuleau, biologiste, attachée clinique à l’Institut Curie et chef de projet sur « Kdog », explique le procédé de dépistage, qui va entrer dans sa phase d’expérimentation dans les prochaines semaines.

« À partir d’un tissu élaboré par les équipes du laboratoire de chimie, et qui a été en contact avec la peau du patient, le chien va pouvoir détecter la présence de cellules cancéreuses sur ce tissu. Pour la patiente, il s’agira de poser simplement ce tissu sur sa peau. Le procédé est moins contraignant et douloureux qu’une mammographie, et bien moins coûteux aussi. »

L’appel aux donsPour concrétiser un tel projet, l’Institut Curie lance un appel aux dons. Les équipes ont besoin de collecter 80.000 euros. « Cet argent servira à l’achat des chiens, au matériel d’expérimentation sur Magnac-Laval, mais aussi à la recherche pour donner plus de moyens aux équipes de l’Institut », souligne Aurélie Thuleau.

Le projet serait dans un premier temps destiné aux pays en voie de développement qui n’ont pas accès aux soins. Le dispositif serait moins coûteux que les mammographies et reproductible à l’étranger, une fois les chiens entraînés. Dans un second temps, l’Institut aimerait mettre en place ce nouveau procédé de dépistage en France, pour laisser aux femmes le choix d’un dépistage du cancer du sein « plus simple et moins douloureux ».

 

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20 avril 2016 / pour / dans

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