Perpignan : 32 mois « ferme » pour avoir découpé un chien à la hache

Perpignan : 32 mois « ferme » pour avoir découpé un chien à la hache
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Une interdiction définitive de détenir tout animal a été prononcée, comme l’avait réclamée le parquet. Enfin, 1 500 euros ont été alloués pour le préjudice moral au propriétaire du chien et 1 000 euros à la SPA

 

Au tribunal de Perpignan, l’homme de 21 ans n’a pas vraiment fourni d’explications vendredi à ces actes de cruauté, qu’il qualifie de « grosse bêtise ».

« On a tué le chien parce qu’il aboyait. Pour les poules, je ne sais pas pourquoi. C’était une ‘grosse bêtise’. » Les quelques mots marmonnés par ce jeune homme, qui fêtera ses 21 ans ce ce dimanche, comme ses excuses, n’ont pas suffi à expliquer « les actes de cruauté envers des animaux » dont il devait répondre vendredi devant le tribunal correctionnel de Perpignan.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre, le prévenu, sous contrôle judiciaire car mis en cause dans une série de cambriolages en 2015 sur Millas, était parti avec un ami (celui-ci est poursuivi par le tribunal des mineurs) aux jardins ouvriers, près du lac de cette commune. Ils avaient pénétré dans un premier cabanon, l’avaient entièrement saccagé, y avaient volé une gazinière puis, à l’aide de carburant, avaient incendié une niche de chien sur le terrain avant de s’enfuir. Puis, les cambrioleurs étaient entrés dans cet autre casot gardé par un épagneul. Lucky, le fidèle compagnon depuis 10 ans de son propriétaire de 70 ans pour la chasse et pour les amusements avec les petits-enfants. « Les cambriolages, je les ai faits sous l’emprise de la colère pour éviter de frapper ma compagne, avait raconté l’homme au cours de ses auditions. Et d’ajouter vendredi : « Ce sont les aboiements qui nous ont fait disjoncter ». « Pour le faire taire », le duo bascule alors dans une folie furieuse. Il brûle l’animal sur le flanc« pour le faire sortir de l’abri » avec un chalumeau volé dans les environs. Il lui assène un coup de barre de fer puis le découpe à coups de hache avant de l’asperger d’essence et de l’incendier. Puis, ce sont les poules qui se mettent à piailler. Une dizaine d’entre elles sont aussitôt décapitées ou éventrées. Et les deux hommes s’enfuient… sans rien emporter.

  • « Pour ne pas qu’il souffre »

« Vous étiez conscient de ce que vous faisiez à ce chien ?, interroge le président. – Oui. Je voulais le tuer d’un coup pour ne pas qu’il souffre. – Et combien de coups vous lui avez donné ? – Six. Mais je n’ai pas donné le coup mortel. » « Quand ils l’ont découvert, le chien était toujours attaché à sa chaîne. La hache plantée dans le sol. Après ce qu’il a vu, le traumatisme psychologique de cet homme est irréparable, a dénoncé Me Frédérique Quet, représentant les parties civiles, soit le propriétaire de Lucky mais aussi la SPA. Ses petits-enfants ne veulent plus venir sur ce terrain. Et il veut simplement que le prévenu soit condamné à la hauteur de ce qu’il a fait . » De « la cruauté » renchérit le vice-procureur M. Tourette.Et les animaux sont considérés, selon le législateur, comme des êtres doués de sensibilité. Le bénéfice du vol est quasi nul. La gazinière a été abandonnée en chemin, le chalumeau aussi. Le soir même un enclos avec des chevaux a été ouvert à proximité et des vélos subtilisés qui ont été retrouvés en gare de Perpignan. Alors, du plaisir de dérober ou de sacrifier des animaux, lequel l’a le plus satisfait ? Sachant que des poils et du sang de ce chien ont été retrouvés sur la chaîne d’une tronçonneuse sur les lieux et l’empreinte du prévenu sur la gâchette. » Assez pour requérir une peine « juste » de 3 ans de prison dont 6 mois avec sursis.

  • Interdiction à vie de détenir un animal

« C’est exagéré. Ce n’est pas un monstre. Les actes sont atroces mais il n’est pas mauvais, a plaidé son avocat Jean-René Mavoungou, implorant la clémence pour son client. Donnons à ce dossier sa vraie mesure en prenant compte de la dimension sociale et humaine. Sa femme est enceinte, il a une seule mention à son casier et n’a jamais été écroué et il a encore la possibilité d’être remis dans le droit chemin. » Le tribunal l’a toutefois condamné à 3 ans de prison dont 4 mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant 3 ans, dont l’obligation de suivi psychologique, d’indemnisation des victimes et l’interdiction de paraître à Millas.

En outre, une interdiction définitive de détenir tout animal a été prononcée, comme l’avait réclamée le parquet. Enfin, 1 500 euros ont été alloués pour le préjudice moral au propriétaire du chien et 1 000 euros à la SPA. Me Mavoungou annonçait dès vendredi son intention de faire appel du jugement.

 

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22 mai 2016 / pour / dans

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