Normandie : un habitante de Incarville recueille 166 chats dans sa maison !

Normandie : un habitante de Incarville recueille 166 chats dans sa maison !
Share Button

Martine Tarda accueille tous les félins abandonnés du secteur depuis deux ans. Épuisée moralement et financièrement, elle lance un appel au secours pour trouver de l’aide.

 

Martine Tarda le martèle : son association n’est pas un refuge. Pourtant, elle accueille pas moins de 166 chats chez elle, à Incarville, en ce début de mois d’août. Comment en est-elle arrivée là ?

C’est après le suicide de sa fille il y a deux ans, qui logeait 80 chats dans 70 m², que Martine a récupéré l’association Boule de poils. Le nombre de chats recueillis n’a pas diminué, loin de là, l’été étant marqué par un pic d’abandons. Début juillet, Martine avait 87 chats chez elle. Un mois plus tard, elle en a 166.

« Ils ont tous un nom. Je les aime tous », assure Martine, qui ne serait tout de même pas contre le départ de quelques-uns. Son idéal ? « Qu’il m’en reste une trentaine et que les autres partent pour de bonnes adoptions ». Elle insiste sur « bonnes », car elle en a vu, des mauvaises adoptions! Des chats abandonnés aussi, et même des chatons nés dans un buisson récemment, Martine récupère tous les chats errants du secteur, et même d’un peu plus loin. Ceci explique sans doute le nombre élevé de pensionnaires.

RECHERCHE DE « BONNES ADOPTIONS »

Le refuge de la Société protectrice des animaux (SPA) d’Évreux, « est bondé ». La maison de Martine aussi. Depuis quelques jours, elle a aménagé un chalet dans sa cour pour dépeupler sa maison. « Ils m’ont tout détruit. Et puis l’odeur… C’était invivable », se désole la sexagénaire. Il reste tout de même « quelques » chats à l’intérieur, notamment les bébés, qui occupent l’étage. « Dès qu’ils seront trop grands, les gens n’en voudront plus », déplore-t-elle, habituée des refus.

martine-tarda.1

Pourtant, ses chats sont tous vermifugés, déparasités, stérilisés, vaccinés, pucés, et ont un carnet de santé. « Les gens n’ont plus confiance en personne, ils ont peur d’acheter un chat malade. J’invite tous ceux qui veulent adopter, à venir voir mes chats qui sont en bonne santé », affirme Martine. Ce n’est pas pour autant qu’elle les donnera à n’importe qui. « Si la personne ne m’inspire pas confiance, c’est non. Et puis il faut bien se rendre compte qu’aujourd’hui un chat vit vingt ans », prévient-elle.

9 000 € DE DETTES CHEZ LES VÉTÉRINAIRES

En plus du travail que nécessite l’entretien de 166 chats, Martine est aussi débordée financièrement. « J’ai 9 000 € de dettes chez les vétérinaires. Une stérilisation, c’est 60 €, une vaccination, 23 €, un puçage, 20 €… Imaginez-vous : j’ai 48 bébés. » En plus des frais vétérinaires, il y a aussi ceux de la litière et des croquettes. D’autant plus que Martine ne prend pas du bas de gamme : « Je ne leur donne que celles de vétérinaire. » Pas la peine, donc, de lui en donner d’autres mais du matériel, comme du grillage ou des plaques de plastique ondulées, lui serait bien utile pour aménager un nouveau chalet. « Je ne marche qu’aux dons », précise-t-elle, espérant se faire entendre auprès de quelques âmes charitables.

INFOS PRATIQUES

Association Boule de Poils, à Incarville, tél. 06 26 79 22 80.

 

Une journée avec Martine Tarda

Ne dites surtout pas à Martine Tarda que vous imaginez tout le travail que représente l’entretien de 166 chats au quotidien. « Oh non, vous n’imaginez pas », vous répondra-t-elle.
À 61 ans, son quotidien est totalement dédié aux félins.
Son rituel commence dès le réveil. « Je ne me lave pas tant que je n’ai pas tout fini : changer les litières, leur donner à manger, de l’eau, passer l’aspirateur, tout nettoyer à la javel… » D’autant que ses problèmes cardiaques, qui l’empêchent de se pencher, n’arrangent pas les choses.
Le reste de la journée, et même de la nuit, elle doit soigner les chats, s’assurer qu’ils vont tous bien, les câliner, et puis nettoyer, et encore nettoyer. « Je n’ai souvent même pas le temps d’aller faire mes courses », ajoute-t-elle.
Pour le moment, elle est aidée de ses deux petits-fils, Alexandre et Clément, qui participent au quotidien. Mais les deux jeunes hommes quitteront la maison en septembre. Et lorsque Martine Tarda accueille de jeunes bénévoles pour l’aider, ils ne reviennent pas.

Partagez l’article !

 




Share Button
20 août 2016 / 1 Commentaire / pour / dans
  • garde d'animaux à dit dans son commentaire:

    Chapeau, vraiment ! moi qui adore les animaux, je ne pense pas pouvoir accueillir autant de boules de poils chez moi et de m’en occuper comme elle le fait. C’est une très grande responsabilité

Laisser un commentaire