ARRAS : Vincent, aveugle est prié de porter son chien guide d’aveugle dans un magasin ?

ARRAS : Vincent, aveugle est prié de porter son chien guide d’aveugle dans un magasin ?
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Depuis plusieurs heures, des dizaines de messages (parfois insultants) sont postés sur la page Facebook du magasin Babou d’Arras. Un « bad buzz » né à la suite du coup de gueule de Vincent Dhelin. L’homme, déficient visuel, a dénoncé mardi le comportement d’une employée qui lui aurait rappelé l’obligation de tenir son chien à bras. Sauf qu’Héra, son labrador, est un chien guide d’aveugle. Depuis, l’employée a présenté des excuses. La direction parle d’un « quiproquo ».

Tout est parti d’un message posté mardi sur le profil public Facebook de Vincent et Thérèse. De retour du magasin Babou, le couple a souhaité dénoncer le traitement dont Vincent, aveugle, et son chien guide Héra, auraient fait l’objet. «  Se faire éjecter de Babou avenue Winston-Churchill Arras pour cause de chien guide d’aveugle non pris à bras ? Non mais Madame je lui dis, comment voulez-vous que le chien guide mon mari si elle est à bras ? Du coup, parti du magasin car elle ne voulait rien entendre  ».

Que s’est-il vraiment passé mardi ? Nous avons rencontré Vincent et Thérèse, Arrageois de 40 ans. Le couple s’est rendu au magasin, en famille, pour faire les soldes. Aucun problème à l’entrée. Mais au bout d’environ trois quarts d’heure, une employée serait venue à leur rencontre pour leur faire une remarque sur… leur chien. «  Elle ne s’est pas adressée à Vincent mais à moi pour dire que les chiens ne sont autorisés qu’à bras, et qu’en laisse ou à terre c’est interdit, affirme Thérèse. On leur a répondu que c’était un chien guide d’aveugle. Mon mari a sorti ses papiers, avec la carte d’identité du chien. Mais elle a refusé de la regarder. On a demandé à parler à un responsable pour lui expliquer mais c’est cette dame qui est revenue. Elle a ouvert une caisse et nous a fait passer. » Le couple a alors la désagréable impression qu’on les a poussés dehors.

Des excuses formulées

Depuis le message posté sous le coup de la colère, c’est le « bad buzz » pour Babou, qui se fait sérieusement malmener et même insulter sur sa page Facebook. Un rendez-vous a finalement eu lieu entre la direction du magasin (les vrais responsables, cette fois) et le couple et son chien. «  J’ai demandé des excuses, elle les a formulées, assure Thérèse. Ils étaient franchement retournés par cette affaire  ». Les angles ont donc été aplanis et tout s’est bien passé. «  C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de discussion, déplore Vincent. On a essayé de donner une information mais elle n’a pas voulu entendre. C’est la première fois que ça nous arrive  ».

« Psychologiquement, on est mal par rapport à ça. On nous salit »

«  Je pense qu’il y a eu un quiproquo, elle n’a pas vu que c’était un chien guide d’aveugle, livre de son côté Corinne Col, directrice du magasin, qui confirme que des excuses ont été formulées. Mais cela a pris une ampleur démesurée. C’est grave. Psychologiquement, on est mal par rapport à ça. On nous salit  ». Madame Col, présente hier mais qui n’a pas assisté à la scène, nie en revanche qu’on a voulu pousser dehors le couple et son chien. Et regrette aussi qu’il n’y ait pas eu de discussion. «  L’employée a été appelée en caisse car il y avait du monde, pas pour les faire partir. Personnellement, j’avais vu ce monsieur et son chien avant. Je ne me serais jamais permise d’aller l’interpeller. On n’a jamais mis un handicapé dehors. Ils peuvent revenir avec Héra quand ils veulent  ».

L’association ANMCGA (association nationale des maîtres de chiens guides d’aveugles) s’est elle fendue d’un coup de fil à Babou pour lui rappeler ses obligations en la matière.



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23 février 2017 / pour / dans

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